Ce que l’OFS a publié le 1er octobre
L’indice suisse des prix à la consommation est resté stable en septembre, à 101,5 points sur une base décembre 2025 égale à 100. Sur douze mois, le renchérissement passe à 1,0 %, contre 0,8 % en août. Les économistes interrogés par AWP attendaient entre 0,7 et 1,2 %.
Sur un mois, les prix du mazout, de l’essence et du diesel ont encore augmenté. Cette hausse a été compensée par la baisse des forfaits de voyages internationaux, de la location et du partage de voitures, et de l’hôtellerie.
Une inflation importée, pas une surchauffe
La décomposition de l’indice dit d’où vient la hausse. Les produits importés renchérissent de 2,1 % sur un an, et les produits pétroliers de 31,2 %. Les produits fabriqués en Suisse ne progressent que de 0,7 %, et l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits frais et saisonniers, l’énergie et les carburants, se limite à 0,5 %.
C’est ce qui explique le calme de la Banque nationale. Le 24 septembre, elle a maintenu son taux directeur à 0 % et relevé légèrement sa prévision d’inflation, à 0,7 % pour 2026 et 0,8 % pour 2027 et 2028. Son président, Martin Schlegel, s’attend à ce que le renchérissement augmente encore un peu au quatrième trimestre, puis recule dans le courant de 2027.
Le KOF parie sur décembre, d’autres non
Le 30 septembre, l’institut KOF de l’EPF de Zurich a nettement relevé sa prévision de croissance pour 2026, à 1,9 %, contre 0,8 % dans sa prévision d’été. Sur les taux, il anticipe une hausse de 25 points de base lors de l’examen de décembre, puis un taux directeur inchangé jusqu’en 2028. Le KOF voit pourtant l’inflation rester basse, à 0,6 % en 2026 comme en 2027.
Ce scénario n’est pas partagé par tous. PostFinance s’attend à un maintien à 0 % lors de l’examen du 10 décembre 2026, tout en jugeant que la BNS devrait s’éloigner du taux zéro à moyen terme. Une prévision reste une prévision : ces écarts entre instituts sérieux, à dix semaines de l’échéance, rappellent pourquoi les prévisions de taux se lisent comme des fourchettes.
Ce que ça change pour votre hypothèque
Pour une hypothèque à taux variable, le lien est direct. Le SARON suit le taux directeur : une hausse d’un quart de point en décembre ferait monter le taux de base d’autant, la marge de la banque restant celle du contrat. Sur 500 000 francs, cela représente environ 1250 francs d’intérêts supplémentaires par an.
Pour un taux fixe, le mécanisme est différent. Son prix se forme sur les taux longs du marché, qui intègrent déjà une partie des anticipations de hausse. Un propriétaire qui hésite entre taux fixe et SARON ne gagne rien à parier sur la réunion de décembre : le choix se fait sur son horizon et sur sa capacité à absorber une hausse des charges.
La prochaine date à surveiller
La Banque nationale rendra sa prochaine décision le 10 décembre 2026. D’ici là, l’OFS publiera les indices d’octobre et de novembre : un renchérissement qui se maintient au-dessus de 1 % avec une inflation sous-jacente en hausse donnerait du poids au scénario du KOF. Un reflux du pétrole le fragiliserait.